Goma : Le recyclage des sachets plastiques dans l’art

Les déchets de sachets plastiques nuisibles à l’environnement sont désormais utilisés dans la confection des œuvres artistiques pour ornement et habillement. Ce noble travail, à l’instar de son caractère artistique, est un grand atout pour l’assainissement du milieu par le recyclage.

Au moment où j’ai appris cet art, je me suis immédiatement rendue compte de ma responsabilité pour assainir ma ville. Une ville touristique par excellence mais qui demande encore l’éveil de la conscience de ses habitants pour sa propreté. De ce fait, mon idéal fut de créer un réseau qui pourrait m’aider pour que l’impact fusse plus perceptible.» Lylianne Modilo, artiste.

Regroupés dans une association « Qui dit mieux », ils sont un groupe d’artistes de Goma qui font le recyclage des sachets plastiques pour créer des objets d’art.
Avec une équipe de ramassage constituée d’environ 75% de l’effectif du groupe, ces artistes recyclent les sachets plastiques et procèdent par plusieurs étapes avant leur utilisation : lesquelles étapes consistent en nettoyage et stérilisation pour préserver la santé, et des fabricants et des acheteurs d’œuvres d’art. Créé en 2004 par Liliane Modilo qui avait reçu sa formation de la part de la Béninoise Grace Dotou, cette organisation compte maintenant 25 membres dont trois hommes

Comment on procède au traitement ?

Le traitement se résume en trois étapes :
– Les sachets récoltés sur terrain sont lavés au moins à deux reprises à l’eau propre avec du savon en poudre.
– On passe ensuite à l’eau savonneuse avec du  javel non seulement pour la désinfection mais aussi pour effacer les écrits sur les sachets.
Pour des raisons de  désinfection efficace, il y a ceux qui restent pendant deux jours dans cette eau.
– Ces derniers sont alors séchés au soleil. Ce mode de séchage permet de tuer les derniers germes résistants.

Une fois traités, on passe au découpage selon les différentes œuvres qu’on envisage confectionner, les dimensions variant avec l’utilisation. Un sac à main aura des rubans de sachets à mesures plus grandes qu’un chapeau ou un porte-monnaie.
On doit jouer sur la résistance.

Effets sur l’écosystème

Avec le travail de ces artistes, l’environnement se retrouve dans son assainissement. Les micro-organismes devrant mettre plusieurs années pour digérer les déchets non biodégradables jetés dans la nature, environ 100 mille ans  pour les sachets plastiques,le recyclage est une pratique essentielle pour aérer le sol.De ce fait, les déchets ne sont pas abandonnés dans la nature mais servent pour bourrer les objets d’art à volume comme des tortues, éléphants, poissons,…
L’impact se laisse remarquer dans de lieux où ces artistes sont concentrés. Les femmes ramasseuses commencent à se disputer les sachets plastiques dans des poubelles. Pour Lilianne Modilo, si l’effectif du groupe croissait et qu’il y avait une représentativité dans chaque coin, c’est toute la ville qui sera assainie.

Ce travail leur est un gagne-pain

« Avec cet art,  je me suis trouvé une occupation qui me permet  de gagner ma petite vie. Je suis mère de famille et je sais comment suppléer à mon mari quand je fais la vente de mes œuvres. C’est un travail qui demande de l’attention et de la patience » Mamy Kahambu une jeune apprenante depuis deux ans.

Avec la recette après-vente, le fabricant ne reçoit que les 60% du cout et le 40% sont utilisés pour  le matériel.
Malgré les difficultés rencontrées sur terrain dans le ramassage avec les moqueries et la vente qui n’est pas fort prometteuse, ces artistes ne baissent pas les bras car conscients de leur double rôle : artistique et patriotique.
« C’est un travail qui demande de la patience et du courage
 »selon Lilianne Modilo  qui apprécie la bravoure de ses six coéquipiers dont cinq femmes et un homme qu’elle-même a formés.
Leurs clients dont la plus part est étrangère, venus d’autres provinces voire des pays ou continents voisins, apprécient leur travail et disent avoir une œuvre pour parler de Goma.
Dans ses perspectives d’avenir, elle compte implanter son action dans toutes les provinces de la RDC, elle veut parler mieux avec les sachets, elle veut une terre, un environnement assaini sans déchets plastiques.

Bernadette Vivuya

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